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jeudi 18 août 2011
mardi 16 août 2011
Le Brésil et nous
publié dans L'Histoire n° 366 - 07/2011 +
«Nous sommes tous des Brésiliens ! » Voilà une formule qui peut surprendre. Qu'y a-t-il de commun entre nous et cet immense pays, quinze fois la superficie de la France, aux origines et à la langue portugaises, à la culture longtemps folklorisée - samba, carnaval et football -, émergeant de ce qu'on appelait le tiers-monde dans les années 1960, où lecaboclo du Nordeste représentait l'emblème du sous-développement et de la sous-alimentation ?
Entre les deux pays les affinités sont pourtant anciennes. Sans doute les essais de colonisation française, qui remontent au XVIe siècle, et auxquels le nom du vice-amiral de Bretagne Villegagnon reste attaché, ont-ils été un échec cuisant. Reste que c'est la lecture de ces voyageurs, Jean de Léry notamment, qui inspira à Montaigne son chapitre Des cannibales . Ce sont les indigènes du Brésil qui, par lui, nous ont fait accéder à l'Amérique et plus encore à la pensée qu'il pouvait exister une humanité qui ne nous ressemblait pas : « Mais quoi, ils ne portent pas de hauts-de-chausse ! »
Pour le voyageur d'aujourd'hui, le plus clair peut-être de l'influence « hexagonale » est encore la pratique de la langue française. Depuis la fin du XVIIIe siècle, l'élite brésilienne - gagnée, comme dans toute l'Amérique latine, par le rayonnement des Lumières - a parlé le français. La Révolution de 1789 a rencontré une ferveur dont il reste des traces. La république fut proclamée en 1889 sous les couplets de La Marseillaise ; le nouveau drapeau, qui est toujours celui du Brésil, fut orné de l'inscription : « Ordem e Progresso » , la devise d'Auguste Comte. Malgré l'affirmation d'une identité nationale forte, et ouverte à bien d'autres influences, le Brésil est resté au XXe siècle lié à la culture française. Claude Lévi-Strauss et Fernand Braudel contribuèrent dans les années 1930 à la naissance de l'université de São Paulo, tandis que des écrivains catholiques comme Bernanos ou Maritain ont inspiré dom Helder Camara, l'évêque des pauvres.
Aussi réconfortantes que peuvent être ces traces d'un passé commun, ce qui nous rapproche aujourd'hui du Brésil est cependant bien plus la question du métissage. Le plus grand pays de l'esclavage, à l'abolition la plus tardive, fut aussi celui du mélange racial. Un mythe-force qui sans doute n'empêche pas les pires inégalités mais qui, porté par le grand livre de Gilberto Freyre Maîtres et esclaves , est devenu la réalité d'un projet politique.
Surtout, ce pays auquel les années Lula ont donné la stature d'un Grand, forçant la porte du G20, malgré ses faiblesses évidentes et ses retards avérés, nous fait rêver quelquefois d'une société où les inégalités régressent, où des universités recrutent, qui peut viser les premiers rangs ailleurs qu'au stade Maracana, et montrer peut-être, hors de l'ultralibéralisme sans frein et du socialisme d'État, l'exemple inédit d'une puissance émergente profondément pacifique.
«Nous sommes tous des Brésiliens ! » Voilà une formule qui peut surprendre. Qu'y a-t-il de commun entre nous et cet immense pays, quinze fois la superficie de la France, aux origines et à la langue portugaises, à la culture longtemps folklorisée - samba, carnaval et football -, émergeant de ce qu'on appelait le tiers-monde dans les années 1960, où lecaboclo du Nordeste représentait l'emblème du sous-développement et de la sous-alimentation ?
Entre les deux pays les affinités sont pourtant anciennes. Sans doute les essais de colonisation française, qui remontent au XVIe siècle, et auxquels le nom du vice-amiral de Bretagne Villegagnon reste attaché, ont-ils été un échec cuisant. Reste que c'est la lecture de ces voyageurs, Jean de Léry notamment, qui inspira à Montaigne son chapitre Des cannibales . Ce sont les indigènes du Brésil qui, par lui, nous ont fait accéder à l'Amérique et plus encore à la pensée qu'il pouvait exister une humanité qui ne nous ressemblait pas : « Mais quoi, ils ne portent pas de hauts-de-chausse ! »
Pour le voyageur d'aujourd'hui, le plus clair peut-être de l'influence « hexagonale » est encore la pratique de la langue française. Depuis la fin du XVIIIe siècle, l'élite brésilienne - gagnée, comme dans toute l'Amérique latine, par le rayonnement des Lumières - a parlé le français. La Révolution de 1789 a rencontré une ferveur dont il reste des traces. La république fut proclamée en 1889 sous les couplets de La Marseillaise ; le nouveau drapeau, qui est toujours celui du Brésil, fut orné de l'inscription : « Ordem e Progresso » , la devise d'Auguste Comte. Malgré l'affirmation d'une identité nationale forte, et ouverte à bien d'autres influences, le Brésil est resté au XXe siècle lié à la culture française. Claude Lévi-Strauss et Fernand Braudel contribuèrent dans les années 1930 à la naissance de l'université de São Paulo, tandis que des écrivains catholiques comme Bernanos ou Maritain ont inspiré dom Helder Camara, l'évêque des pauvres.
Aussi réconfortantes que peuvent être ces traces d'un passé commun, ce qui nous rapproche aujourd'hui du Brésil est cependant bien plus la question du métissage. Le plus grand pays de l'esclavage, à l'abolition la plus tardive, fut aussi celui du mélange racial. Un mythe-force qui sans doute n'empêche pas les pires inégalités mais qui, porté par le grand livre de Gilberto Freyre Maîtres et esclaves , est devenu la réalité d'un projet politique.
Surtout, ce pays auquel les années Lula ont donné la stature d'un Grand, forçant la porte du G20, malgré ses faiblesses évidentes et ses retards avérés, nous fait rêver quelquefois d'une société où les inégalités régressent, où des universités recrutent, qui peut viser les premiers rangs ailleurs qu'au stade Maracana, et montrer peut-être, hors de l'ultralibéralisme sans frein et du socialisme d'État, l'exemple inédit d'une puissance émergente profondément pacifique.
lundi 8 août 2011
Des ‘trafiquants de drogue' attaquent un poste de protection des Indiens isolés
(Survival International)
Le poste de contrôle brésilien destiné à protéger les Indiens isolés - ceux qui ont été filmés d'avion en début d'année - a été attaqué par des individus lourdement armés, soupçonnés d'être des trafiquants de drogue. Le poste a été pillé et les équipements détruits.
Les craintes concernant le sort des Indiens ne cessent d'augmenter depuis que des employés de la FUNAI (le département des affaires indigènes du gouvernement brésilien) ont trouvé le sac à dos de l'un des trafiquants qui contenait une flèche cassée. Une enquête rapide des fonctionnaires du gouvernement n'a montré aucune trace des Indiens qui ont fait la une des média en février dernier.
La police aurait retrouvé à proximité un paquet contenant 20 kilos de cocaïne. Il est à craindre que la rivière Envira, où se situe le poste, ne soit devenue le point d'accès au Brésil pour les trafiquants de cocaïne en provenance du Pérou.
Selon des sources locales, la police a retenu en détention un homme, ressortissant portugais, arrêté pour trafic de drogue en mars dernier et par la suite expulsé.
José Carlos Meirelles, l'ancien chef du poste, y est retourné en hélicoptère avec quelques hommes et a signalé que plusieurs groupes d'hommes armés de mitraillettes et de fusils se trouvent dans la forêt autour du poste.
Carlos Travassos, directeur du département des Indiens isolés au gouvernement brésilien, a déploré aujourd'hui : ‘Les flèches sont comme une carte d'identité pour les Indiens isolés. Nous pensons que les Péruviens ont fait fuir les Indiens. Nous en avons maintenant la preuve. Nous sommes plus préoccupés que jamais. Cette situation pourrait être la pire encore jamais connue depuis des dizaines d'années, dans le cadre de la protection des Indiens isolés. C'est une catastrophe'.
Dans un message adressé à Survival International, Meirelles a annoncé : ‘Nous resterons ici, quoi qu'il arrive, jusqu'à ce que le gouvernement brésilien décide une fois pour toutes de résoudre cette situation. Pas tant pour notre protection, mais pour celle des Indiens'. Meirelles a affirmé à Survival qu'une équipe de police se lance dès aujourd'hui à la poursuite des trafiquants toujours dans la région.
Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : ‘Cette nouvelle est absolument alarmante. Il n'y a aucun moyen de savoir combien de peuples indigènes ont déjà été anéantis dans le passé par le commerce de la drogue, mais toutes les mesures possibles doivent être prises pour empêcher que cela ne se reproduise. Les Indiens isolés devraient intéresser le monde entier, tout comme cela l'a été en début d'année lorsqu'ils ont été filmés'.
Le poste de contrôle brésilien destiné à protéger les Indiens isolés - ceux qui ont été filmés d'avion en début d'année - a été attaqué par des individus lourdement armés, soupçonnés d'être des trafiquants de drogue. Le poste a été pillé et les équipements détruits.
Les craintes concernant le sort des Indiens ne cessent d'augmenter depuis que des employés de la FUNAI (le département des affaires indigènes du gouvernement brésilien) ont trouvé le sac à dos de l'un des trafiquants qui contenait une flèche cassée. Une enquête rapide des fonctionnaires du gouvernement n'a montré aucune trace des Indiens qui ont fait la une des média en février dernier.
La police aurait retrouvé à proximité un paquet contenant 20 kilos de cocaïne. Il est à craindre que la rivière Envira, où se situe le poste, ne soit devenue le point d'accès au Brésil pour les trafiquants de cocaïne en provenance du Pérou.
Selon des sources locales, la police a retenu en détention un homme, ressortissant portugais, arrêté pour trafic de drogue en mars dernier et par la suite expulsé.
José Carlos Meirelles, l'ancien chef du poste, y est retourné en hélicoptère avec quelques hommes et a signalé que plusieurs groupes d'hommes armés de mitraillettes et de fusils se trouvent dans la forêt autour du poste.
Carlos Travassos, directeur du département des Indiens isolés au gouvernement brésilien, a déploré aujourd'hui : ‘Les flèches sont comme une carte d'identité pour les Indiens isolés. Nous pensons que les Péruviens ont fait fuir les Indiens. Nous en avons maintenant la preuve. Nous sommes plus préoccupés que jamais. Cette situation pourrait être la pire encore jamais connue depuis des dizaines d'années, dans le cadre de la protection des Indiens isolés. C'est une catastrophe'.
Dans un message adressé à Survival International, Meirelles a annoncé : ‘Nous resterons ici, quoi qu'il arrive, jusqu'à ce que le gouvernement brésilien décide une fois pour toutes de résoudre cette situation. Pas tant pour notre protection, mais pour celle des Indiens'. Meirelles a affirmé à Survival qu'une équipe de police se lance dès aujourd'hui à la poursuite des trafiquants toujours dans la région.
Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : ‘Cette nouvelle est absolument alarmante. Il n'y a aucun moyen de savoir combien de peuples indigènes ont déjà été anéantis dans le passé par le commerce de la drogue, mais toutes les mesures possibles doivent être prises pour empêcher que cela ne se reproduise. Les Indiens isolés devraient intéresser le monde entier, tout comme cela l'a été en début d'année lorsqu'ils ont été filmés'.
Neuf vérités indigènes pour marquer la journée du 9 août
Oú il est, entre autres, question de tribus brésiliennes.
Le 9 août est la journée des peuples indigènes des Nations Unies. Pour la célébrer, voici 9 faits méconnus à leur propos diffusés par Survival International:
1) Il existe plus de 100 peuples isolés dans le monde. Certains vivent à moins de 100 km du Machu Picchu, la plus grande attraction touristique du Pérou.
2) Les peuples de la vallée de Baliem en Nouvelle-Guinée ont probablement développé l'agriculture bien avant les ancêtres des Européens.
3) Les Moken de la mer d'Andaman, appelés aussi 'nomades
de la mer', ont développé une capacité unique à se diriger sous l'eau afin de plonger pour se nourrir. L'acuité visuelle des enfants moken est 50% plus importante que celle des enfants européens.
4) On estime que la tribu des Sentinele vit dans les îles Andaman depuis environ 55 000 ans.
5) Une sur 6 des langues parlées sur la planète vient de Nouvelle-Guinée.
6) Les peuples indigènes ont fait connaître certains des aliments de base les plus consommés au monde. Le manioc, le maïs et la pomme de terre sont tous des produits issus de l'agriculture indigène.
7) Les chasseurs hadzabe de Tanzanie utilisent le chant d'un oiseau d'Afrique pour trouver les nids d'abeilles dans les baobabs.
8) Les femmes awá du Brésil prennent soin des bébés singes orphelins en les allaitant.
9) La langue des guérisseurs kallawaya de Bolivie, encore parlée aujourd'hui, serait peut-être la langue secrète des rois incas.
Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : ‘Cette journée annuelle des Nations Unies est une opportunité unique pour le monde de reconnaître les peuples indigènes et leur droit à la survie et à l'autodétermination. Survival International a diffusé neuf réalités peu communes pour marquer la journée du 9 août afin d'aider à comprendre, et à respecter, la contribution extraordinaire des peuples indigènes à la diversité humaine'.
Le 9 août est la journée des peuples indigènes des Nations Unies. Pour la célébrer, voici 9 faits méconnus à leur propos diffusés par Survival International:
1) Il existe plus de 100 peuples isolés dans le monde. Certains vivent à moins de 100 km du Machu Picchu, la plus grande attraction touristique du Pérou.
2) Les peuples de la vallée de Baliem en Nouvelle-Guinée ont probablement développé l'agriculture bien avant les ancêtres des Européens.
3) Les Moken de la mer d'Andaman, appelés aussi 'nomades
de la mer', ont développé une capacité unique à se diriger sous l'eau afin de plonger pour se nourrir. L'acuité visuelle des enfants moken est 50% plus importante que celle des enfants européens.
4) On estime que la tribu des Sentinele vit dans les îles Andaman depuis environ 55 000 ans.
5) Une sur 6 des langues parlées sur la planète vient de Nouvelle-Guinée.
6) Les peuples indigènes ont fait connaître certains des aliments de base les plus consommés au monde. Le manioc, le maïs et la pomme de terre sont tous des produits issus de l'agriculture indigène.
7) Les chasseurs hadzabe de Tanzanie utilisent le chant d'un oiseau d'Afrique pour trouver les nids d'abeilles dans les baobabs.
8) Les femmes awá du Brésil prennent soin des bébés singes orphelins en les allaitant.
9) La langue des guérisseurs kallawaya de Bolivie, encore parlée aujourd'hui, serait peut-être la langue secrète des rois incas.
Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : ‘Cette journée annuelle des Nations Unies est une opportunité unique pour le monde de reconnaître les peuples indigènes et leur droit à la survie et à l'autodétermination. Survival International a diffusé neuf réalités peu communes pour marquer la journée du 9 août afin d'aider à comprendre, et à respecter, la contribution extraordinaire des peuples indigènes à la diversité humaine'.
vendredi 1 juillet 2011
Adoniran Barbosa et Elis Regina 1978 (completo)
Voici, pour les amateurs, un document exceptionel. Adoniran Barbosa (1919-1987) fut un des plus grands compositeurs et Elis Regina(1945-1987), peut-être la plus belle voix (mezzo soprano) de la musique populaire brésilienne.Elle mourut trop jeune, d´une over-dose, la même année qu´Adoniran..
Clementina de Jesus - "Ensaboa" (1977)
Écoutez une des chanteuses les plus exceptionnelles de l´histoire de la musique populaire brésilienne du XXième siècle. 1901-1987. J´ai eu la chance de la voir á Salvador á la fin des années 70. Exploitée par la mafia qui tourne toujours autour de ces chanteurs sans formation scolaire, mal conseillée, elle enrichit quelques malins
et mourut dans la misère.
et mourut dans la misère.
Roberto Carlos - Detalhes (RC Especial 1995)
Roberto Carlos a commencé á se faire connaitre dans les années 60. On pourrait le situer quelque part entre Julio Iglesias et Charles Aznavour. Oubliez son côté kitsch: certaines chansons sont trés belles.
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